Gypaète Barbu

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Description

Le gypaète barbus est un grand rapace atteignant une envergure de près de 3 mètres pour un poids de 5 à 7 kg. Il se distingue en vol par le contraste de leur plumage: gris ardoisé sous les ailes, blanc à orangé sur la tête et le ventre et un collier de plumes noires qui orne la base de son cou.

Nom traditionnel: Merz Ikhsan (casseur d’os)


Habitat et distribution : on trouve généralement le gypaète dans les montagnes entrecoupées de vallée escarpées, falaises et hauts plateaux. L’altitude semble peut importer puisqu’il peut être observé à proximité du bord de mer jusqu’aux sommets de l’Himalaya. Il est présent en Europe dans les Alpes et Pyrénées, en Afrique du Nord, en Asie, au Proche-Orient, en Iran et jusqu’en Chine.

Nourriture: son régime se compose presque exclusivement d’os, de tendons, de ligaments et de pattes d’ongulés qu’il digère grâce à des acides gastriques très puissants. Ces restes de nourriture étant délaissés par les autres charognards, cela lui confère un avantage. Il utilise des pans rocheux pour fracasser les os en les lâchant en vol et peut engloutir des os entiers mesurant 35 mm de diamètre et jusqu’à 25cm de long.

Vérouet_Jeune Derborence 2011b_F. BiollazMenaces: son physique particuliers a donné naissance à plusieurs légende qui lui conférait des propriétés démoniaques. La peur des gens face à ce rapace impressionnant a donc joué un rôle dans la diminution de ses populations. Aujourd’hui il est surtout victime du fractionnement de ses habitats, de collision avec des câbles électriques, des perturbations causées par les avions et hélicoptères pendant la nidification et d’empoisonnements. Ces derniers sont soit dirigés directement contre lui par des bergers persuadés qu’il s’attaque aux troupeaux, soit contre d’autres prédateurs (renard, chiens errants) dont il se nourrit par la suite.

Conservation

Au maroc, l’espèce est en danger critique selon les statuts de l’IUCN et n’est présente que dans une seule zone protégée, le Parc National de Toubkal. Autrefois présente dans le Moyen-Atlas, l’Atlas Saharien et l’Anti-Atlas, il ne subsiste aujourd’hui que 2 sous-populations connues dans le Haut-Atlas, ainsi que une peut-être dans la partie orientale du Moyen-Atlas. Par ailleurs la population marocaine de gypaètes barbus représente probablement la dernière population du Maghreb.
Moutain Propre, en étroite collaboration avec le Parc National de Toubkal et le biologiste Fabrice Cuzin, conduit depuis maintenant plus de 2 ans un programme de suivi et contrôle des gypaètes barbus de passage dans le parc, grâce aux financements privés généreusement offerts par Mike McHugo et « La Kasbah du Toubkal ». Cependant la difficulté d’accès de nombreuses zones du parc rend l’observation difficile et le manque de données constitue une des préoccupation principale…

DSC05033Parmi les projets réalisés: un nourrissage aux abords des refuges d’altitude a été mis en place en hiver pour éviter la dispersion des gypaètes vers des zones non contrôlées et non protégées; un abri est en cours de construction sur le site de nourrissage pour réunir plus d’observations et de photos; le gardien du refuge du Club Alpin Français au pied du Toubkal a été formé et récolte plusieurs données; une campagne de sensibilisation est en cours dans la vallée et le parc.


Parmi les projets prévus: la formation d’autres gardiens de refuges et guides pour l’observation des gypaètes et la récolte de données; la création d’un vrai projet de conservation participative en impliquant les nombreux trekkeurs et ornithologues amateurs de passage dans le parc (campagnes de sensibilisation, distribution de fiches d’observation, appel à photos, etc.); une vaste campagne de sensibilisation auprès des bergers; la mise en valeur de l’espèce au sein du patrimoine de la région; la mobilisation de la communauté scientifique internationale; etc.

Photos du Gypaète Barbu: François Biollaz